Vocation
Δημοσίευση: Παρασκευή, 11 Νοεμβρίου 2005

vocation1_240Toute créature humaine, par le fait même de sa naissance, est "appelée" par la bonté de Dieu à devenir un membre précieux et irremplaçable du Corps de Jésus-Christ et à jouir de son adoption à part entière en tant que fils ou fille de Dieu.

Parmi les baptisés, le Seigneur en appelle quelques-uns à le suivre de façon plus directe en Lui consacrant toute leur existence de manière indivisible: telle a été, depuis les premiers siècles de l'histoire de l'Eglise, la caractéristique spécifique du moine. Le Typikòn (Règle) de notre monastère nous dit à ce sujet:

..."Parmi les disciples, qui sont dans le monde mais non du monde, le moine est celui qui, en répondant à l'appel de Dieu à le suivre dans la solitude du désert afin de parler à son coeur, témoigne, par l'offrande indivisible de l'ensemble de sa vie, d'un amour marqué de façon particulière par l'attente eschatologique et par l'espérance, sa nourriture dans la foi. La vie du moine est par conséquent de nature angélique, ainsi que le proclame la tradition patristique et liturgique, justement parce que, comme l'ange, il se met entièrement au service de Dieu, dans la docilité à l'Esprit Saint, tout en restant pleinement conscient de ses faiblesses et de sa misère.

Par cette exclusivité, c'est cette fécondité toute particulière du témoignage monastique qui est mise en évidence; la tradition l'a bien compris lorsqu'elle affirme que l'habit monastique est celui que déjà les Apôtres revêtaient. Une telle fécondité réside non pas tant ni principalement dans l'action - même si l'action n'en est pas exclue - mais surtout dans le fait d'être une créature nouvelle, selon un mode d'existence qui trouve son modèle en la personne de la Mère de Dieu, en Jean-Baptiste, en Marie de Béthanie, dans le Disciple préféré. Dans cette perspective, il est significatif que la tradition ait longtemps vu dans la profession monastique un 'second baptême', dont le nouveau nom, reçu par le moine au moment de l'offrande de soi au Seigneur, constitue un signe.

La vie monastique est, par conséquent, la vie chrétienne réalisée dans sa radicalité, non 'comme une condition à part, propre à une catégorie de chrétiens, mais particulièrement comme point de référence pour tous les baptisés, dans la mesure des dons offerts à chacun par le Seigneur; elle se propose donc en tant que synthèse emblématique du christianisme' (Orientale Lumen, 9).

La condition du renoncement aux réalités de la création, même positives, dans la pauvreté, l'obéissance, la chasteté, devient donc de ce fait un signe de l'offrande de soi, dans l'espérance théologale du Royaume à venir: une offrande qui trouve son fondement dans un amour grandissant pour Dieu et pour les hommes, du fait, précisément, que c'est par une foi, une espérance et un amour tousjours plus grand que la sainteté chrétienne s'épanouit et donne des fruits.

vocation2_240En ce qui concerne l'Eglise, la manifestation principale de l'attente de la venue du Seigneur s'exprime par la prière, élevée au Père par le Christ, dont le coeur est guidé par l'Esprit Saint, réponse à la Parole accueillie, méditée, assimilée. Voilà pourquoi la prière occupe une place centrale dans la vie monastique, aussi bien dans la vie liturgique - célébrée par la communauté à travers l'Eucharistie et les Laudes divines qui rythment les heures du jour et de la nuit -, que dans la prière personnelle incessante qui remplit la vie du moine. Ce dernier, aussi bien durant le temps qu'il dédie au travail que durant celui qu'il passe dans sa cellule en silence contemplatif, isolé de tous, est uni à tous (Evagre) et prie pour tous.

Le chrétien et le moine savent combien la fidélité à l'appel de Dieu exige quotidiennement d'eux un coeur docile, non endurci; l'invitation urgente à la conversion, au changement profond, est la première lancée par le Seigneur au seuil de l'annonce de l'Evangile. Dans la Liturgie byzantine, c'est dans le but d'obtenir le don de cette transformation du coeur qu'il est demandé, trois fois par jour, dans les Matines, dans la célébration eucharistique et dans les Vêpres, de "passer le temps qu'il nous reste à vivre dans la paix et dans la conversion". La vie monastique est profondément marquée par l'exigence constante de la conversion, dont les pratiques ascétiques, l'obéissance, les jeûnes sont à la fois le symbole et le moyen de la réalisation.

Cette exigence primordiale de changement, qui permet la pleine réalisation de la grâce baptismale, trouve dans le coeur son environnement, cette sainte attention sans laquelle la rencontre avec la prière authentique est impossible. Cette protection pose les bases nécessaires pour que ce cheminement, dont l'exercice tend à libérer le coeur, dans la réponse au don de la grâce, de toutes les passions qui le piègent et qui le privent de sa véritable liberté. L'engagement actif dans l'ascèse comprend toutes ces vertus dont l'objectif est la purification du coeur: le combat contre les "pensées négatives", l'humilité, l'obéissance, la pauvreté, la chasteté, la méditation de la précarité de la vie, le regret d'avoir offensé Dieu, le renoncement à l'égoïsme lié à l'amour de soi, la douleur éprouvée par les péchés commis, les larmes qui l'accompagnent. Cet engagement est un engagement à vie puisque chaque jour constitue une occasion de conversion. Purifié par l'ascèse empreinte d'humilité et de volonté, le coeur est progressivement illuminé et devient, petit à petit, capable de se regarder lui-même et les autres d'un regard similaire au regard de Dieu, en contemplant la véritable réalité, la véritable nature des choses. C'est ainsi qu'il s'ouvre à cette connaissance expérimentale authentique, acquise dans la plénitude de l'amour pour Dieu et, en Lui, pour toutes les créatures.

L'amour pour le prochain se manifestera ainsi dans la générosité et dans la délicatesse de la diakonie communautaire au sein de laquelle le moine aimera les personnes plus âgées comme des pères, les personnes du même âge comme des frères et les plus jeunes, comme des enfants; de même, cet amour grandira à l'égard des frères en dehors de la communauté monastique, dans la disponibilité à l'accueil des plus pauvres, à l'hospitalité pour celui qui cherche un moment de prière plus intense, dans la paternité spirituelle pour celui qui viendra demander le discernement et de l'aide. C'est de cette façon que le moine, pris individuellement ou en communauté, pourra mettre en pratique la vie que l'Evangile propose à ceux qui sont morts avec le Christ, et par leur baptême, avec Lui sont ressuscités. Le moine sera alors véritablement un ange dont l'oeuvre est miséricorde, paix et sacrifice de louange, selon les paroles de notre Père Saint Nil et, avec l'Apôtre, il pourra dire: "Pour moi, vivre c'est le Christ."

(Typikòn des Moines Basiliens de Sainte Marie de Grottaferrata, Grottaferrata 2001, pp. 2-6) Toi qui lis ces lignes, si tu es un homme pour lequel ces paroles résonnent tel un appel intérieur, quel que soit ton âge et quelle que soit ta condition sociale, demande-toi si elles ne sont pas providentielles (et non un "hasard") et s'il ne s'agit pas là de l'occasion précise choisie par le Seigneur pour t'appeler à prendre part à cette aventure singulière et merveilleuse.

Ne t'effraie pas devant les difficultés auxquelles tu penserais devoir faire face (par exemple, l'apprentissage du grec, qui a été appris depuis des siècles par tant de moines, peut-être moins intelligents que toi...): si le Seigneur t'appelle, il te fera surmonter tous les obstacles pour que tu puisses, comme le dit si bien Saint Benoît - le plus grand des moines d'Occident -, "courir avec le coeur ouvert sur la voie des commandements de Dieu".

Alors, viens passer quelques temps chez nous. "Viens et vois!"

     
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